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Les oreilles de Kofi Annan sont minuscules

Posted in Histoire, Mystère, Science with tags , , , , , , , , , , , , , , , on juillet 13, 2012 by J.J Gittes

« Les oreilles de Kofi Annan sont minuscules ». C’est dans ces termes que Cédric Dameron, propriétaire d’un gite rural et spécialiste de la science matérialiste de l’ex URSS entend imposer le point de vue de ceux pour qui l’ancien secrétaire général des Nations unies n’est pas un authentique ghanéen mais un noceur cloné par un savant soviétique, Nikolaï Vavilov, à la fin des années 30. Dans un livre dense et plein d’érudition, celui qui fut le premier à louer des chambres d’hôte équipées pour la franc-maçonnerie, nous fait entrer dans la vie de Vavilov comme on entre dans un moulin. Voici l’interview qu’il a gracieusement accepté de donner à Marxisme et Tradition et que nous vous offrons au moment où vous vous apprêtez à fuir lâchement les voies immaculées du socialisme vers le marigot graveleux des plages où rôtit, béate, la petite bourgeoisie.

Cédric, peux tu nous parler de la vie de Vavilov ?

La vie de Nikolaï Vavilov pourrait servir de scénario à un film dramatique. Formé dans les années qui ont suivi la redécouverte, en 1900, des lois de l’hérédité chez les pois de Gregor Mendel, Vavilov est dans les années 1920 le meilleur spécialiste de la génétique mendélienne de toute l’URSS. C’est un formidable collectionneur d’insectes du monde entier et le puissant chef de file du vaste complexe de la recherche génétique soviétique. Très respecté à l’étranger, il est élu membre à part entière de l’Académie soviétique des sciences après avoir affirmé pouvoir cloner un petit chien de chasse français, un Bruno du Jura.

Incroyable, un chien français !

Oui, un très joli petit chien de chasse qui a le défaut de ne jamais se laisser caresser par la même personne…

Et, donc, Vavilov ?

Dès la fin des années 1920, Vavilov ne cesse de se trouver en conflit avec le sélectionneur de plantes Trofim Lyssenko – que les lecteurs de Marxisme et Tradition connaissent bien, je pense – et ses puissants alliés politiques. Lyssenko, un néo-lamarckien, soutient que, s’il est possible d’induire des changements héréditaires dans les plantes, il est en revanche impossible de cloner des animaux. Dénoncé par Lyssenko pour « affabulation petite-bourgeoise » et « élucubrations nietzschéennes », Vavilov est arrêté et disparaît dans les geôles du NKVD sans que ni sa famille ni ses collègues ne soient prévenus. Privé de relations sexuelles ainsi que de la consultation de la presse spécialisée, Il est déclaré coupable de trahison et condamné à mort. « La vie est courte, il faut nous dépêcher » , a l’habitude de dire Vavilov à ses camarades codétenus de la terrible Loubianka ; il parvient, dans des conditions rocambolesques à s’évader avec un planeur grâce à l’aide d’une filière d’évasion ghanéenne dirigée par Oswald Annan-Borisov, amant passionné de la fille de Beria et oncle de ce jeune Kofi qui fera plus tard l’objet d’une terrible expérience au point de perdre 95% de son patrimoine génétique au profit d’une hyène tachetée de la ménagerie royale de Kumasi. Mais ne brulons pas les étapes !

Et ensuite, qu’advient-il de notre évadé ?

Exfiltré au Kenya, Vavilov, bénéficie vite dune aide financière importante du gouvernement anglais et parvient à construire un important laboratoire dans lequel il poursuit les recherches commencées à l’institut des sciences de Moscou. C’est de septembre 1926 que date sa première tentative de cloner un jeune berger ashanti en lui injectant les gènes d’un tapir. L’expérience tourne au cauchemar et plusieurs des assistants de Vavilov sont tués, littéralement siphonnés à vif, par l’humanimal dont le métabolisme instable provoque la mort au bout de deux semaines de souffrances abominables. Vavilov est déçu, ayant espéré que la combinaison des gènes de tapir et de berger permettraient de créer un être nouveau, socialiste, cuirassé, sagace, résistant aux maladies, aux températures extrêmes et à la sécheresse. « Nous avons continué à avancer uniquement en modérant nos attentes ; par notre indifférence pour tout ce qui arrivait » , raconte Vavilov.

La hyène qu’il découvre un jour de décembre dans la ménagerie royale située à plus de 2 000 mètres d’altitude « dépasse nos espoirs les plus fous ; la hyène nommée Gerda, a un aspect trapu avec un arrière-train plus bas que l’avant. Son pelage est rayé et d’une couleur tirant sur le marron. Elle mesure 195 cm de long, pour un poids de 85 kg. Sa puissance de morsure peut atteindre jusqu’à 8000 kg. Son clitoris très développé ressemblant à un pénis de sanglier; cette particularité anatomique et l’organisation matriarcale dans laquelle elle se complait sont déterminantes du conflit politique dont elle sort toujours gagnante dans le cadre des échanges sociaux au sein de la ménagerie ».

Incroyable….mais continue !

Vavilov poursuit ses objectifs avec une énergie inépuisable, correspondant avec des généticiens des deux côtés de l’Atlantique, et convoquant son équipe à des réunions au beau milieu de la nuit pour discuter et boire de rares bouteilles de Klevener d’Heiligenstein et même, parfois, de rouge de Marlenheim qui circulent dans cette Afrique buveuse de bière et de jus de gingembre. Il assume en outre de nombreuses et lourdes responsabilités administratives, dont la direction d’un bowling qui ne tardera pas à être rebaptisé « Institut des loisirs ». Il continue ses recherches en génétique. Ses travaux sont en grande partie fondés sur des expériences contrôlées en laboratoire. En 1938,Il élabore des généralisations théoriques à partir de ses données et propose notamment une loi selon laquelle des caractéristiques, comme la taille des oreilles suivent les mêmes étapes évolutives chez toutes les espèces sauf chez les hyènes. C’est alors, pour pouvoir prouver cette extraordinaire théorie, qu’il décide, au lieu de cloner un nouveau berger, de cloner un jeune technocrate d’alors, Kofi Annan – qu’il a sélectionné en passant de longues heures à des terrasses de café du centre ville de la capitale, Accra – avec les gènes de la hyène royale qu’il a entretemps achetée à prix d’or.

Comment y parvient-il ?

A la sortie d’une boite de nuit chic, Kofi, ivre mort comme souvent le weekend, est invité à prendre un dernier verre par une call-girl à la solde de Vavilov, Vanessa. La rencontre est simple et agréable. La femme, qui porte un mini-short, est gracieuse, charmante, loin d’être vulgaire, souriante, et Kofi, en dépit de son état d’ébriété est tout de suite à l’aise. Même s’il sait ce qui va se passer, l’expérience, aussi courte soit-elle, est plus profonde que la simple relation sexuelle qui va suivre. Après avoir fait un peu plus ample connaissance autour d’une coupe de champagne, elle lui indique le passage obligé par la salle de bain avant de l’inviter à la rejoindre dans sa chambre. L’expérience sexuelle est particulièrement plaisante. Respectueuse, douce et érotique à la fois – l’espoir amoureux en moins et l’ouverture d’esprit en plus. Comme pour une première fois avec une nouvelle partenaire, l’acte mêle expérience assurée et tâtonnements hésitants pour tenter de mieux comprendre l’autre. Pourtant, derrière ce rideau facile tissé de faux-semblants, Kofi, qui kiffe, ne comprend rien, persuadé que beaucoup de couples souffrent du fait que l’un des deux (ou, pire, les deux) membres reste incapable de donner autant qu’il reçoit. Or, ce soir-là, cette femme s’offre sans limite pour satisfaire ses désirs, accompagnant chaque demande d’une œillade du type sur le pont d’Avignon avec un naturel pour le moins libérateur. Au moment ou Kofi jouit enfin, parvenant à surmonter les effets délétères de l’alcool ingurgité tout au long d’une soirée passée à jouer au bowling avec des touristes flamands, la jeune femme verse dans la gueule, ouverte par de longs râles sonores, du jeune déluré, le contenu d’une fiole préparé par Vavilov, ce dernier s’étant caché derrière une fausse cloison afin de faire ses premières observations scientifiques tout en savourant la scène. Annan sombre dans le coma et ne se réveille que trois jours plus tard dans la chambre désertée. Il est nu, seul, et, lorsqu’il se mire dans la glace de la salle de bain, il constate deux détails curieux : ses oreilles sont trop petites et son sexe a disparu, remplacé par un organe fantasque à la texture épineuse semblable à celle d’une figue de barbarie ravigotée.

Nikolai Vavilov

Terrible. Terrible. Comment cela a-t-il fini ?

Vavilov, un mois après, publie le résultat de cette expérience en omettant de donner l’identité de son cobaye et reçoit le prix Lénine, l’un des plus grands honneurs de l’Union soviétique, pays où il rentre en héros, se voyant accorder une datcha à vie au bord de la Mer Noire.

Et le pauvre Kofi ?

Le reste de la vie d’Anann est bien connu, il n’est pas besoin de s’étendre sur cela, soupire Cédric, des bancs de l’école normale de Kabakli aux fauteuils cossu de son bureau des Nations-unies, bref, celui qui pourrait devenir un martyr de la classe ouvrière s’empresse, malgré les monstrueuses et indicibles transformations que son corps a subi, de devenir le champion de l’impérialisme feutré et triomphe dans la gestion des crises à répétition du néo-colonialisme !

La biographie de Vavilov écrite par Cédric Dameron, un livre d’une densité scientifique et historique exceptionnelle abondamment illustré et annoté par l’auteur, vient d’être publié par Denoël et Steele. Les droits d’auteur seront reversés au Zoo d’Accra.